Retraites : les mots justes, prononcés au bon moment, sont de l’action.

On peut juger une société à la façon dont elle traite ses femmes et ses hommes qui partent à la retraite après une vie de travail épanouissant ou pénible. Le débat et la concertation sur la réforme des retraites disent beaucoup de notre société.

Ils nous disent que l’écoute est une vertu rare, que le sens de la mesure et du mot juste s’est perdu.

Ici, on entend des mots, petits, grands ou gros, rarement doux, dans les débats télévisés des petits matins.

Là, on voit les préparatifs de ceux qui orchestrent les convergences des luttes finalement politiques et rêvent encore de grands soirs.

À l’UNSA, nous croyons au dialogue et aux mots justes.

Un dialogue qui soit un véritable échange et non des monologues alternés. L’UNSA porte et défend l’intérêt général des salariés. Cela consiste en la préservation du système de retraite par répartition et son amélioration afin qu’il ne se transforme pas en système assurantiel ou étatique.

La réforme des retraites est ainsi l’objet d’un dialogue franc et ouvert à l’intérieur de l’UNSA. L’UNSA, au plan interprofessionnel, participe aux concertations et ne veut pas de « punis de la réforme ». Certaines de nos organisations syndicales adhérentes, parmi les secteurs les plus impactés a priori, ont appelé à la grève du 5 décembre voire à sa reconduction, pour obtenir de légitimes garanties. D’autres non, mais toutes attendent avec impatience une salutaire réaction de sagesse du gouvernement.

Ma ligne est claire, l’UNSA est attachée à l’intérêt général de tous les salariés et défend l’intérêt le plus urgent de ceux qui sont les plus exposés en l’état actuel du projet. Cette ligne est cohérente lorsqu’elle est expliquée. Elle est pleine de mots justes.

Pour l’UNSA, négocier c’est agir et nous négocierons jusqu’au bout. Si le projet de loi ne satisfaisait pas les intérêts des salariés, la mobilisation prendrait une autre envergure.

C’est ainsi que je conçois un syndicalisme efficace face aux transformations du monde avec les intérêts des salariés comme boussole.

C’est ainsi que j’ai la conviction que les mots justes, prononcés au bon moment, sont de l’action (Hannah Arendt).