Témoigner des violences, résoudre les conflits

J’en suis convaincu, l’espace du dialogue social est un endroit unique : il est à la fois le lieu de l’expression des conflits et celui de leur résolution.

C’est cette tension que nous avons depuis longtemps identifiée à l’UNSA et que nous savons gérer.

La violence sociale et économique pousse certains à succomber à la tentation de répondre par la violence physique. Comment ne pas entrer en colère face à un système inégalitaire qui institutionnalise les inégalités et naturalise les violences sociales ?

Témoigner et résoudre

Tant que le cadre démocratique et républicain sera préservé, l’UNSA sera l’ennemie des actions violentes. Mais elle sait témoigner du désarroi et parfois de la désespérance qui minent nombre de nos concitoyens. C’est ainsi que je conçois le syndicalisme comme le meilleur sismographe des secousses qui agitent et fracturent notre société.

Ce faisant, l’UNSA n’accomplirait que la moitié de son devoir. Elle doit à ses militants, ses adhérents et aux travailleurs de remplir totalement sa mission : résoudre aussi les conflits dans le cadre démocratique. C’est le sens des propositions que j’ai faites concernant la réforme des retraites ou des actions que nous menons dans ce dossier.

En somme, agir dans le cadre démocratique. Mais la responsabilité de l’UNSA va plus loin : défendre précisément ce cadre.

Une certaine idée du conflit

Nous sommes soucieux et vigilants face aux heurts qui frappent les démocraties y compris en France. Les fléaux en -isme surfent sur une vague porteuse au Brésil, en Hongrie, à Hong-Kong et ailleurs. Ils se repaissent de la misère et de la colère.

À l’UNSA, nous cultivons le dialogue social dans le cadre démocratique. Le conflit y a sa place, mais un conflit pacifié et qui considère l’opinion de l’autre comme une idée – bonne ou mauvaise -, et jamais comme une déclaration de guerre.