Ecologie : Plus fort pour une transition douce

Il est une conviction forte que je souhaite défendre dans ce premier billet et dans les suivants : justice sociale et justice écologique sont liées, elles sont les deux faces d’une même médaille.

J’écoutais récemment des adolescent·e·s espérer, comme un titre de gloire, une garde-à-vue à la suite d’une action qu’il·elle·s projetaient contre la maltraitance écologique (sic).

Une utopie commode et alarmante

La discussion qui a suivi m’a conforté sur un point : notre inaction sera jugée sévèrement par les générations futures qui nous reprochent déjà notre entêtement à croire en une utopie commode.

Car la véritable et alarmante utopie, aujourd’hui, est de croire que nous n’avons pas à changer nos comportements ni à modifier notre mode de production et que tout peut continuer comme avant.

Admettons-le, il nous est encore difficile de penser que nos petits gestes du quotidien peuvent contribuer à sauver la planète. Nous sommes, en majorité, attaché·e·s au productivisme et au consumérisme.

Oui, c’est utile, indispensable et responsable d’éteindre la lumière en sortant d’une pièce ou de réduire sa consommation de plastique. Mais nous n’avancerons que sur nos deux pieds : changer nos comportements individuels trop attachés aux habitudes et mettre en œuvre la transition écologique.

Aujourd’hui, le mode de vie des Français équivaut à une émission de plus de 750 millions de tonnes d’équivalent CO2 :  réduire cet impact climatique est essentiel. Parallèlement, l’émission équivalent CO2 est de 6 milliards de tonnes pour une société comme Total.

Une révolution douce

C’est à une véritable révolution des valeurs qu’il faut procéder dans nos modes de vie adossés au productivisme et au consumérisme. Mais une révolution douce, sans sang, ni larmes : une transformation.

Le premier pas de cette transformation est de considérer l’écologie et le social sous un seul et même angle. La nature est autre chose qu’un simple décor neutre auquel le social imposerait sa loi. Les deux sont étroitement imbriqués : à l’urgence écologique répond comme en écho l’urgence sociale.

Pas de transition écologique sans justice sociale. Pour être pérenne et équitable, la transition écologique doit être socialement juste et ne pas se traduire par un accroissement des inégalités.

Elle n’est pas qu’une simple couche de peinture verte sur notre société, mais correspond à un changement de modèle économique et social, qui transformera en profondeur nos façons de consommer, de produire, de travailler, de décider et de vivre ensemble.

Le combat syndical pour plus de justice sociale doit être indissociable du combat pour la justice écologique. C’est la promesse du syndicalisme de solutions porté par l’UNSA.

Loin des peurs qu’elles peuvent provoquer, ces transformations écologiques comme technologiques qui sont à l’œuvre, ou devraient l’être, sont une chance. Mon prochain billet montrera en quoi et à quelles conditions elles peuvent générer de l’emploi. Car loin d’être une simple variable d’ajustement des transitions écologiques et technologiques, l’emploi est la condition de leur réussite.