Journée de l’Europe : que célébrons-nous le 9 mai ?

L’an passé, Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, dénonçait la situation « chaotique » de la communauté internationale. Il regrettait que les « valeurs universelles s’érodent » et que « plus le monde est connecté et plus les sociétés sont fragmentées ».

Que dire d’aujourd’hui ? Et de demain ?

Aujourd’hui, 9 mai, est la Journée de l’Europe destinée à célébrer la paix et l’unité en Europe.

L’avenir de l’Europe, – et je parle de l’idée d’Europe et non des institutions de l’Union européenne -, réside dans le renforcement et le succès de l’Europe stratège.

La question stratégique de la relocalisation de certaines activités essentielles doit aboutir rapidement. La fabrication des molécules et des substances actives des médicaments est la plus évidente. Mais d’autres sont incontournables, comme l’application d’un modèle social européen aux standards élevés qui est une chance pour l’économie, comme la loyauté fiscale ou les nationalisations.

L’Europe stratège est la réponse pertinente face à la Nouvelle route de la soie (OBOR) que beaucoup ont négligée ou face à des États qui se vivent comme des continents.

Cette Europe stratège, il ne s’agit plus de s’interroger sur son opportunité (faut-il ?) mais bien de poser un calendrier (quand ?). Sur les modalités (comment ?), nous serons présents et pèserons sur les débats.

Éviter une erreur continentale de calendrier : séquencer

Renforcer l’Europe stratège, c’est aussi renforcer l’État stratège. La coordination des deux est indispensable pour que les rouages soient coordonnés et fonctionnent sans friction. Cette coordination est la condition sine qua non du succès du plan de relance dont nous avons besoin nationalement et à l’échelle européenne, niveau pertinent de l’action.

Le plan de relance et d’investissement publics que j’appelle de mes vœux en France et en Europe ne doit pas commettre l’erreur de calendrier qui consiste à séquencer plan d’aides publiques, puis plan d’investissements, puis plan de formations des travailleurs pour enfin couronner le tout du titre de « plan de relance ». Loin de compartimenter et de séquencer, nous devons pratiquer le tout-en-un et le tout-à-la-fois.

Nous avons le niveau pertinent de l’action et la pratique. De la sorte, le monde d’après ne pourra pas être la reproduction du monde d’avant.