TPE : la très grande solidarité

Chaque jour qui passe renforce une certitude : salarié·es comme patrons des TPE font preuve d’une formidable capacité de résilience.

Celle-ci mérite d’être saluée. Les fragilités des TPE sont réelles et les épreuves encore nombreuses au cours des mois à venir. L’UNSA restera à leurs côtés pour promouvoir des solutions mois après mois.

Ces salarié·es sont et seront durement touché·es 

Cafés, restauration, hôtellerie, événementiel, tourisme, sport, culture : il y a tout d’abord les TPE qui ont vu leur activité mise sous cloche et pour lesquelles l’après-crise reste plus qu’incertain.

Et puis, il y a les autres (textile, réparation, industrie chimique, informatique), qui, malgré les difficultés, ont été autorisées à poursuivre leur activité. Pour celles-ci non plus, l’avenir ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices.

Maillon essentiel de la production des PME, des grands groupes et des administrations publiques, nombre d’entre elles redoutent en effet une sévère contraction de leurs commandes en 2021.

En bout de chaîne, fragilisées et peu médiatisées, les TPE sont prises dans un immense « plan social invisible » sur lequel j’alerte depuis le mois de novembre.

Un laboratoire d’innovations solidaires à consolider

Les TPE sont et doivent être un modèle de solidarité.

Réorientation de l’activité pour répondre aux besoins de masques et de visières au début de la crise, patrons réduisant volontairement leur rémunération afin de compenser le manque à gagner subi par les salarié·es, ou encore don de jours de congé aux collègues dont le conjoint malade n’était pas en mesure de prendre en charge les enfants : les TPE ont pour le moment su allier débrouillardise et solidarité locale afin de traverser la crise tant bien que mal.

Ces initiatives spontanées ont permis d’amortir le choc. Elles doivent maintenant être pérennisées et leur esprit de solidarité doit insuffler un dialogue social renouvelé et durable.

L’UNSA est le partenaire des TPE

Cet élan de solidarité doit demeurer le bien commun des TPE.

Je l’ai rappelé lors de mon tour de France de la presse quotidienne régionale, que j’ai voulu consacrer aux salarié·es des TPE : l’UNSA se tient à leurs côtés afin de mieux les épauler et de faciliter le dialogue social au sein de l’entreprise.

Mise en place d’une offre de services utiles, assistance juridique, accès à l’équivalent d’un CE, réseau de proximité des « z’aideurs » : nous avons pris la question des TPE à bras le corps, en prouvant une nouvelle fois notre capacité à bâtir un syndicalisme des solutions concrètes.

Rencontre avec le Premier ministre : parlons solutions

Le 3 février dernier, j’ai été reçu par le Premier ministre Jean Castex. A cette occasion, j’ai porté le message de l’UNSA : des solutions tout au long de l’année.

L’UNSA est une force d’ouverture. Nul besoin d’appeler à un « printemps social » ou d’attendre une « rentrée sociale » pour être force de solutions. Pour l’UNSA, le dialogue social est une constante. Notre pays en a besoin.

Voici les principales solutions que j’ai présentées :

  • Une prime pour la deuxième ligne

Caissiers, professeurs, routiers : les millions de travailleurs de la « deuxième ligne » ont maintenu le pays à flot au plus fort de la crise.

Au prix d’une exposition accrue à la Covid-19, ils ont assuré une mission d’intérêt général : permettre la continuité du quotidien.

Le patronat doit assumer ses responsabilités par une revalorisation salariale des travailleurs de la deuxième ligne. J’ai proposé au Premier ministre de reconnaître leur dévouement par le versement d’une prime.

  • Une revalorisation des bas salaires

La Covid-19 contribue à accroître la fracture entre les plus favorisés et les plus modestes.

J’ai donc exprimé au Premier ministre la nécessité de revaloriser les salaires des plus jeunes et des plus précaires, parmi lesquels ceux des TPE.

La paupérisation des travailleurs est réelle, ses conséquences sont dramatiques pour les ménages et les foyers français.

  • La mise en place du Revenu Universel d’Activité

Alors que la jeunesse est directement fragilisée par la contraction de l’activité, j’ai, enfin, plaidé pour la fusion des minimas sociaux au sein d’un Revenu Universel d’Activité, ainsi que son ouverture aux jeunes de 18 à 26 ans.

« J’ai perdu une année de ma vie, ça compte quand on a 18 ans »

Certains observent le taux de suicide chez les jeunes pour connaître de leur état. D’autres parlent d’eux comme d’une génération sacrifiée, d’une génération perdue. Comme à chaque génération d’ailleurs.

Objectivement, on peut les plaindre : pandémie, urgence climatique, crises économique et sociale. Mais ils ne se plaignent pas.

Les jeunes ont perdu une de leurs plus importantes années

J’en parle avec eux, les premiers concernés. Leurs témoignages et leurs sentiments sont mêlés. L’un me dit : « ils veulent que les vieux travaillent plus longtemps et nous on cherche du taf ».  L’une d’entre elles, en filière professionnelle, me confie : « J’ai perdu une année de ma vie, ça compte quand on a 18 ans ».

Oui, ça compte. Les jeunes ont perdu une de leurs plus importantes années et personne ne pourra la leur rendre.

Les confinements ont été vécus comme des enfermements. Ils étaient nécessaires et la très grande partie de notre jeunesse l’a bien compris.

Mais ces confinements sont aussi vécus comme des pertes de chances : apprentissage suspendu, stage interrompu, embauche compromise, projet contrarié, premier licencié.

La crise, ou plutôt les crises, c’est le « normal » des jeunes générations. Nous les avons suffisamment agacées avec l’orange à Noël quand eux ont la pandémie le 25 décembre.

Le consentement à l’avenir

Notre obligation, par amour entre les générations, est de leur proposer les moyens de réussir.

  • Le premier d’entre eux est de croire en l’avenir et de créer un consentement à l’avenir. J’y tiens.

  • Le deuxième est un Revenu universel d’activité et d’insertion. J’aurai l’occasion de vous en dire plus prochainement.

Nous ferons en sorte de convertir leur impatience légitime en consentement à l’avenir.

Ni par dette morale, ni pour éviter un prétendu clash des générations, mais par amour.

Ultra-violents, casseurs de flics, policiers indignes : chassons-les !

L’indignation ne peut être à géométrie variable.

Il est tout autant important de dénoncer les actes de violences inouïs de policiers sur un homme ou des sans-abris, que de dénoncer l’agression ou le lynchage de policiers par des ultra-violents et des casseurs de flics.

Et si j’ai condamné l’évacuation ignoble du camp de migrants de la Place de la République et le passage à tabac de Michel Zecler par des individus jetant l’opprobre sur l’uniforme de la Police républicaine et les valeurs qu’elle doit porter et défendre, je n’ai pas généralisé. Je sais que les autres policiers, qui sont le plus grand nombre, font leur travail normalement, avec professionnalisme et avec le respect de l’État de droit qu’ils représentent.

Et quand je condamne avec la même détermination l’agression dont sont victimes des policiers et des pompiers, voire leur lynchage en bande organisée à Bastille hier comme à l’Arc de triomphe il y a deux ans, je ne confonds pas ces voyous avec les manifestants. Car, en général, ceux qui manifestent le font pacifiquement.


Ce « moment » qui met à l’épreuve notre démocratie

Quelques centaines de casseurs viennent, depuis plus de quatre ans, pourrir les défilés de leurs actions violentes contre les biens, les personnes et les forces de l’ordre.

N’oublions pas que ceux dont la mission est de maintenir l’ordre, ne sont pas des robots. Et quand des heures durant, ils ont été exposés aux insultes, aux projectiles de toutes sortes, aux tirs de mortiers, aux lasers, aux coups avec des armes par destination quand il faut intervenir pour protéger des biens en train de brûler ou des personnes prises en étau, il faut comprendre que lors du contact « final », à l’heure où ceux qui refusent la dispersion, abritent et cautionnent les rebelles violents, les nerfs ont été mis à rude épreuve. Il faut dès lors saluer le sang-froid des policiers. Dans ce contexte délétère et durable, je connais d’autres pays, même démocratiques, où le bilan aurait été autrement plus lourd.

Si on veut sortir de ce « moment » qui met à l’épreuve notre démocratie, des décisions radicales doivent être prises pour permettre à la modération et à la paix civile de gagner.

Nous devons apporter notre soutien aux forces de l’ordre et aux gardiens de la paix, et nous attaquer aux brebis galeuses qui les salissent par leurs actes, qu’ils soient racistes ou d’un usage disproportionné de la force. Je n’oublie pas que des milliers d’interventions policières ont lieu chaque jour, sans dérapage. Voilà pourquoi l’amalgame n’est pas permis. Il appartient au gouvernement, à l’institution policière, à la justice de nous débarrasser de ceux qui piétinent nos valeurs et salissent leurs collègues.

Nous devons tout autant, et les manifestants pacifiques au premier chef, défendre la liberté de manifester et nous attaquer aux individus violents qu’ils agissent en bloc ou en électrons libres. Il appartient au gouvernement, à la police, à la justice mais aussi aux citoyens de nous débarrasser de ceux, qui par leurs actes criminels, piétinent l’État de droit et salissent les manifestations pacifiques.

Comment notre pays gagnera en tranquillité publique 

Lorsque les faits sont établis et que la justice entre en œuvre, policiers indignes et casseurs de flics doivent être condamnés et sanctionnés, jusqu’à être exclus de l’institution policière pour les premiers et interdits de manifestations pour les autres.

C’est en nous débarrassant de cette double minorité que la confiance reviendra et la pression retombera. Et si la liberté d’informer est un bien précieux, le droit d’informer est parfois aussi un devoir. Journalistes ou citoyens, nous devons affirmer que le travail d’investigation, de repérage et de publications des témoignages et des images doit concerner autant les policiers indignes que les ultra-violents et les casseurs de flics.

Pour ceux qui douteraient encore que ces casseurs sont un problème, je veux rappeler que pendant longtemps on a parlé des manifestations pour leurs revendications, et pas pour les violences des casseurs ou la polémique sur la réaction proportionnée ou excessive de la force publique.

Le racisme ou la violence illégitime n’ont aucune place dans la Police républicaine. La violence anti-flics ou leur mise en danger dans leur vie privée n’ont aucune place en République.

Si ensemble, nous réussissons, notre pays gagnera en tranquillité publique, les policiers en fierté, les manifestants en sérénité.

Et tous, nous gagnerons en sécurité et en liberté.

BFM Business : « Amazon, il faut les secouer »

J’étais ce lundi 16 novembre au micro de BFM Business pour répondre aux questions d’Hedwige Chevrillon. 

Concurrence déloyale d’Amazon, campagne de vaccination massive, contrôle du chômage partiel dans la grande distribution, gestion du télétravail ou encore aides aux secteurs les plus touchés par la crise : je suis revenu sur les sujets brûlants qui animent l’actualité sociale du pays. 

J’y ai défendu un point de vue pragmatique et social, soucieux des réalités du terrain.

Retrouvez-moi en replay ci-dessous :

Interview : « Un immense plan social invisible »

J’ai un attachement particulier pour la presse régionale. Aussi retrouvez-moi dans L’Alsace, les DNA, L’Est républicain, Le Bien Public, Le Dauphiné Libéré….

Je donne mon analyse sur la crise sociale que nous traversons, en rappelant la réalité d’un « plan social invisible » qui frappe durement les plus précaires.

Je plaide pour une politique volontariste : favoriser la demande pour soutenir l’économie et instaurer un revenu universel d’activité.