Mettre les rémunérations en première ligne

Le pouvoir d’achat et les rémunérations doivent revenir au centre du débat, les Français nous le demandent.

C’est le peuple français qui, en 1789, avait déclaré que « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Il y a urgence aujourd’hui à réhabiliter cette notion d’utilité commune et elle peut servir de levier à l’augmentation attendue du pouvoir d’achat : les différences de rémunération doivent être fondées sur l’utilité commune.

L’utilité commune n’est plus reconnue

Ils et elles sont les invisibles qui s’activent au cœur des gares, des entreprises, des entrepôts, des Ehpad ou à la caisse des supermarchés. Acclamés au plus fort de la pandémie, ils ont rapidement disparu du discours politique alors qu’ils continuent d’assurer les services essentiels sans lesquels la Nation ne fonctionnerait pas.

Leur rémunération, elle aussi, mérite d’être mise en première ligne. Je ne suis pas de ceux qui ont oublié les promesses qui leur ont été faites au plus fort de la pandémie : une reconnaissance morale de leur contribution à l’utilité commune et la nécessité d’une rétribution salariale à la hauteur.

La raison est claire : la logique de marché qui est supposée réguler la rémunération des travailleurs en première ligne est aveugle à l’utilité commune de leur travail. Cette logique débouche sur une complète décorrélation entre l’utilité commune des travailleurs au front et leur rémunération effective.

Faire réellement de la contribution à l’utilité commune un critère de rémunération

Inscrire l’utilité commune au cœur des modes de rémunération est un principe de justice sociale mais aussi une nécessité économique : rendre du pouvoir d’achat au plus grand nombre pour la relance de notre
économie.

Je propose trois idées pour poursuivre cette réflexion :

1.     Je plaide pour une revalorisation de l’ensemble des salaires dans le privé et des traitements dans le public.

2.     Je plaide pour une limitation des écarts de salaires au sein d’une même entreprise, afin d’atténuer les disparités entre les différentes lignes.

3.     Je souhaite, sur les plus hauts revenus, une contribution à l’utilité commune proportionnelle à la distance du front sanitaire et des premières lignes.

Les employeurs, patronat et pouvoirs publics, ont l’impératif de répondre à ce qui, plus qu’une revendication, devient une exigence et une nécessité. Cette priorité est la grande affaire de cette année 2022, avant comme après l’élection présidentielle.

Déplacement à Rennes

Le 9 décembre dernier, j’ai eu le plaisir de retourner à Rennes et de rencontrer une nouvelle fois les adhérents bretons, deux ans après le congrès de l’UNSA dans cette même ville et mon élection en tant que SG.
 
Avec enthousiasme nous avons échangé autour de la Primaire Sociale. Famille, amis, collègues de travail… Beaucoup de nos collègues avaient déjà parlé autour d’eux de cette enquête, avec, à la clef, de nombreux retours encourageants.
 
Et, en Bretagne, comme ailleurs, nous devons poursuivre nos efforts pour accroître la participation des travailleurs à cette enquête et faire entendre leur voix au cours de la campagne présidentielle.
 
La mobilisation de toutes et tous passe aussi par nos relais dans les médias : c’est pourquoi j’ai répondu, avec plaisir, aux questions des quotidiens Ouest France et Le Télégramme.

Vos revendications candidates !

Au printemps prochain, l’élection présidentielle, suivie des législatives, jouera un rôle décisif pour les cinq années à venir.

L’UNSA a décidé de mettre en avant les travailleurs du public comme du privé, dans cette campagne. Comment ? En leur donnant directement la parole, à travers une « primaire sociale »

·       La primaire sociale de l’UNSA, c’est
quoi ?

La primaire sociale est une première dans l’histoire de l’UNSA.

Elle est une volonté d’offrir aux travailleurs du privé comme du public une plateforme grâce à laquelle exprimer leurs revendications et leurs priorités en matière sociale.

Travail, pouvoir d’achat, transitions écologique et technologique, formation et reconversion professionnelles : ils sont dès à présent invités à donner leur avis sur les principaux enjeux sociaux, en répondant à un questionnaire que nous avons élaboré afin de leur faciliter la tâche.

·       Pourquoi la primaire sociale ?

Alors que les orientations de politique sociale les affectent en premier lieu, les travailleurs ne cessent de s’éloigner du débat public. La progression d’année en année de leur abstention aux échéances électorales se conjugue avec un sentiment d’impuissance, de résignation et d’exclusion de la démocratie.

Sans doute aussi la faute à la tournure d’un débat public délaissant de plus en plus la question sociale au profit de polémiques médiatiques stériles éloignées de leurs préoccupations quotidiennes.

Cette primaire sociale répond donc à un double objectif : tenter de réconcilier les travailleurs avec la démocratie en favorisant le débat et rendre leurs revendications audibles tout au long de la campagne présidentielle.

·       La primaire sociale pour faire quoi ?

Très concrètement, la primaire sociale permettra de faire émerger les revendications sociales majoritaires parmi les travailleurs ayant répondu.

Nous élaborerons, à l’aune de ces revendications et en les croisant avec nos mandats, un corpus d’exigences sociales que nous soumettrons aux candidats à l’élection présidentielle et qui irrigueront les interventions de l’UNSA dans le débat public tout au long de la campagne.

Mais ce n’est pas tout !

La primaire sociale aura également vocation, au cours des semaines et des mois à venir, à alimenter l’échange entre les militants de l’UNSA et leurs collègues de travail, amis et connaissances afin de toucher un maximum de travailleurs éloigné·es des collectifs de travail et de faire entendre leur voix.

N’hésitez pas, vous aussi, à en parler autour de vous.

Pour découvrir l’initiative : https://enquetes.unsa.org/primairesociale

Laurent
Escure

Le Monde : « Cultivons le « Je » démocratique : rêveries d’un syndicaliste philosophe »

« Cultivons le Je démocratique » : rêveries d’un syndicaliste philosophe.

« Secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) depuis 2018, Laurent Escure n’a pas écrit un livre sur le syndicalisme, même s’il l’évoque. Sous le prétexte de faire un « coming out pragmatique », il prône « la démocratie continue » qui « permet d’associer démocratie représentative, qu[’il] pense indispensable, et démocratie permanente, qu[’il] croi[t] nécessaire ». D’emblée, il annonce la couleur : « Nous sommes face à des fléaux qui se nomment populisme, autoritarisme, islamofascisme, racisme. S’y ajoutent, en toile de fond, une montée des inégalités et une forme d’impuissance durable des pouvoirs publics à contraindre et à juguler un système économique destructeur. » Le constat est sombre, mais l’auteur, qui veut « multiplier et muscler nos anticorps citoyens » pour immuniser la démocratie, cultive l’optimisme.

Laurent Escure nous livre ses rêveries d’un syndicaliste philosophe, une promenade où il s’étend sur les dégâts du trumpisme aux Etats-Unis, l’avenir d’une Europe à reconstruire, la pratique du compromis réformiste, hélas « pas majoritaire », la défense de la laïcité, définie comme « la liberté absolue de conscience », le risque d’un « épisode populiste autoritaire » en France en 2022. »



Retrouvez l’article consacré par Michel Noblecourt à mon dernier ouvrage en intégralité sur le site de Le Monde (accès réservé aux abonnés).

BFM Business – « Il n’y a pas une crise de la demande politique et syndicale mais une crise de l’offre »

J’étais hier au micro d’Hedwige Chevrillon sur BFM Business, pour aborder l’actualité sociale et syndicale mais également évoquer le contenu de mon ouvrage « Cultivons le Je démocratique » à retrouver en ligne (https://livre.fnac.com/a15944361/Laurent-Escure-Cultivons-le-Je-democratique-Pour-une-immunite-collective) ainsi que dans toutes les bonnes librairies. 

Cultivons le Je démocratique – Pour une immunité collective

J’ai le plaisir de vous faire part de la parution de mon premier ouvrage, « Cultivons le JE démocratique – pour une immunité collective », aux Éditions de l’Aube le 17 juin prochain.

Vous le trouverez sur toutes les plateformes de vente habituelles (FNAC, Cultura, Furet du Nord…) et, bien sûr, dans toutes les bonnes librairies.

Un compte Twitter lui est également dédié, n’hésitez donc pas à vous y abonner pour suivre l’actualité du livre.

Parlons-en (rubrique Me Contacter), je vous réponds !