Vos revendications candidates !

Au printemps prochain, l’élection présidentielle, suivie des législatives, jouera un rôle décisif pour les cinq années à venir.

L’UNSA a décidé de mettre en avant les travailleurs du public comme du privé, dans cette campagne. Comment ? En leur donnant directement la parole, à travers une « primaire sociale »

·       La primaire sociale de l’UNSA, c’est
quoi ?

La primaire sociale est une première dans l’histoire de l’UNSA.

Elle est une volonté d’offrir aux travailleurs du privé comme du public une plateforme grâce à laquelle exprimer leurs revendications et leurs priorités en matière sociale.

Travail, pouvoir d’achat, transitions écologique et technologique, formation et reconversion professionnelles : ils sont dès à présent invités à donner leur avis sur les principaux enjeux sociaux, en répondant à un questionnaire que nous avons élaboré afin de leur faciliter la tâche.

·       Pourquoi la primaire sociale ?

Alors que les orientations de politique sociale les affectent en premier lieu, les travailleurs ne cessent de s’éloigner du débat public. La progression d’année en année de leur abstention aux échéances électorales se conjugue avec un sentiment d’impuissance, de résignation et d’exclusion de la démocratie.

Sans doute aussi la faute à la tournure d’un débat public délaissant de plus en plus la question sociale au profit de polémiques médiatiques stériles éloignées de leurs préoccupations quotidiennes.

Cette primaire sociale répond donc à un double objectif : tenter de réconcilier les travailleurs avec la démocratie en favorisant le débat et rendre leurs revendications audibles tout au long de la campagne présidentielle.

·       La primaire sociale pour faire quoi ?

Très concrètement, la primaire sociale permettra de faire émerger les revendications sociales majoritaires parmi les travailleurs ayant répondu.

Nous élaborerons, à l’aune de ces revendications et en les croisant avec nos mandats, un corpus d’exigences sociales que nous soumettrons aux candidats à l’élection présidentielle et qui irrigueront les interventions de l’UNSA dans le débat public tout au long de la campagne.

Mais ce n’est pas tout !

La primaire sociale aura également vocation, au cours des semaines et des mois à venir, à alimenter l’échange entre les militants de l’UNSA et leurs collègues de travail, amis et connaissances afin de toucher un maximum de travailleurs éloigné·es des collectifs de travail et de faire entendre leur voix.

N’hésitez pas, vous aussi, à en parler autour de vous.

Pour découvrir l’initiative : https://enquetes.unsa.org/primairesociale

Laurent
Escure

Ce qu’il nous reste à faire pour le reste à vivre

Montée conjointe des prix du gaz, de l’électricité, des carburants mais également des produits du quotidien : le pouvoir d’achat est plus que jamais au centre de toutes les préoccupations. Si diverses sources statistiques nous enseignent qu’il a augmenté au cours des dernières années, comment expliquer qu’un nombre croissant de Français témoigne de difficultés à boucler leurs fins de mois ?

Intéressons-nous à leur réalité économique, à leur reste à vivre : celui-ci n’a cessé de s’éroder de mois en mois, sous la pression des dépenses contraintes (frais de logement, assurances et services financiers, énergies et carburants, frais de transport, frais de cantine scolaire…).

Cette frustration d’une vie qui ne rapporte pas ou peu n’est pas supportable. Y remédier suppose de mettre en œuvre rapidement une politique sociale ambitieuse enracinée autour de cinq piliers.  

  1. Sortir de la logique de rattrapage

    Il nous faut tout d’abord retrouver le sens du progrès en matière de rémunération du travail et d’assistance. Nous nous sommes, depuis des années, habitués à une logique de rattrapage se résumant à courir après la hausse du coût de la vie sans pour autant développer une politique de revenus offensive. C’est avec cette visée du long-terme qu’il nous faut, à mon sens, renouer, pour permettre aux revenus d’augmenter dans la durée.


  2. Instaurer une Garantie Numérique Universelle

    Je plaide ensuite pour une mesure forte visant à adapter notre droit social aux défis qui nous font face. L’accès à l’information et à la communication pour tous est un de ceux-ci. Il devrait être considéré comme un droit social fondamental. A nouvelle donne, nouvel outil : je propose l’instauration d’une Garantie Numérique Universelle qui couvrirait un abonnement téléphonique et un accès à Internet pour tous.

  3. Rebattre les cartes de la fiscalité sur le patrimoine

    Comment améliorer le reste à vivre des ménages les plus modestes sans se pencher sur le fossé abyssal creusé par les inégalités de patrimoine ? Le renforcement de ces inégalités année après année, génération après génération, génère des risques graves pour la démocratie et appelle la mise en place d’un cadre fiscal ambitieux sur lequel j’aurai l’occasion de revenir plus en détail dans un prochain billet.

  4. Construire de nouveaux logements

    Cela ne fait pas mystère : le logement plombe lourdement le reste à vivre de nos concitoyens. Il constitue l’un des postes budgétaires les plus inégalitaires : un ménage pauvre locataire du parc privé engage 40% de ses dépenses dans le logement contre 28% pour un ménage aisé (France Stratégie 2021). Outre l’instauration d’une fiscalité adaptée, je propose de desserrer l’étau autour du marché immobilier par un choc d’offre, en construisant massivement de nouveaux logements adaptés aux normes environnementales.

  5. Instaurer des chèques consommation-emploi fléchés stratégiquement

    Pour conjuguer pouvoir d’achat et relance de l’emploi, je propose enfin de consolider une politique de la demande irriguant les entreprises européennes et les circuits-courts. Ces chèques consommation-emploi pourraient être fléchés vers l’achat de biens produits en Europe, participant à la réindustrialisation de nos territoires et répondant à des critères environnementaux. Leur montant pourrait même se voir bonifié en fonction de la provenance des biens achetés.

Les solutions pour augmenter le reste à vivre de nos concitoyens tout en participant à la relance de l’emploi existent. Il n’appartient qu’à nous, entrepreneurs de bonne volonté, de passer à l’action !